La Corse en van : 1ère étape Sartène et le littoral de Campomoro | Road trip jour 1

On la surnomme l’Ile de Beauté. La Corse, avec ses plages parmi les plus belles d’Europe, son maquis mystérieux, ses villages accrochés aux montagnes abruptes et sauvages, exhale un parfum d’exotisme et de paradis perdu à quelques kilomètres du vieux continent. Nous avons décidé de parcourir les routes de la Corse du Sud en van pour un road trip de 8 jours. C’est fin mars que nous prenons la route, hors saison, pour profiter aux mieux des paysages. Notre première étape nous amène à Sartène pour une plongée historique dans le quartier médiéval puis à la découverte du littoral du sud-ouest à travers une randonnée partant du village de pêcheur de Campomoro. Un chemin entre rochers escarpés et maquis qui nous fera découvrir la plus grosse tour génoise de Corse. 

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Premiers virages en Corse du Sud

L’avion plonge vers la Méditerranée. Par le hublot, je regarde la Corse se rapprocher. Ce petit rocher vert aux 8 680 km² de surface ridée de montagnes a les pieds dans la Grande Bleue et la tête coiffée de neige étincelante.

Je pose pour la première fois les pieds sur cette île qu’on m’a tant racontée. Tous ceux qui y sont passés sont revenus envoûtés. Alors j’ai décidé de partir percer le mystère de ce petit territoire qui ensorcelle quiconque pose les yeux sur ses paysages. Ma valise dans une main et l’autre dans celle de Guillaume, je suis prête à en découdre avec l’Ile de Beauté. La lumière fait vibrer la mer et plisser mes yeux. Du soleil, partout, enfin, et un parfum d’exotisme qui plane au-dessus des palmiers. J’ai accroché un morceau du paradis.

Sur le parking de l’aéroport, nous récupérons les clés de notre maison pour les 8 prochains jours. Bumbo est un van combi Volkswagen de 1986, entièrement réaménagé par sa propriétaire. Look carré des 80’s, carrosserie blanche et jaune rutilante, il est très photogénique.
Camille est aux petits soins. « Je vous ai mis des couvertures polaires, les nuits sont encore fraiches surtout en montagne. » Enfant des années 80, Bumbo n’a pas de chauffage stationnaire mais j’ai réussi à faire rentrer dans ma valise ma polaire et mon duvet -5°C, je suis parée à toute éventualité.
Camille nous prodigue tous ses conseils d’experte en Bumbo et en van life : avancer sur les chemins de traverse pour se garer loin des routes la nuit, remplir le réservoir d’eau auprès des fontaines des villages ou des cimetières, ne laisser aucun déchet sur les lieux de bivouac.

 « Vitres ouvertes et cheveux dans le vent, nous roulons vers le Sud. Virages dans le maquis avec la mer qui apparait et disparait et les montagnes en arrière-plan. »

Nous dépassons Propriano et ses barres d’immeubles dressées contre la plage qui réussit le miracle d’être à la fois sauvage et construite, et arrivons au crépuscule à Portiglio pour passer notre première nuit de bivouac. Un petit sentier mène à la plage. Je devine les criques au loin qui se succèdent et la mer qui ne dort jamais. La masse sombre des montagnes s’est dissout avec le ciel d’encre mais je distingue la neige des sommets qui scintille sous les étoiles. « L’île de tous les paysages » disait mon guide. J’ai définitivement mis le pied sur un fragment du paradis.

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Sartène, la plus Corse des villes Corses

Campée sur le vieux pont d’A Scaledda, j’observe la vieille Sartène, compacte et ramassée sur son éperon rocheux, tenant fièrement tête à la mer et aux montagnes.
Première intrusion dans le monde corse.

Nous nous faufilons sous le passage voûté pour une plongée dans la cité médiévale, les pieds dans l’ombre des maisons massives et la tête caressée par le soleil du printemps. Le vieux quartier est un enchevêtrement de venelles pavées imbriquées où le son des cloches rebondit sur les hauts murs ocres. Pêle-mêle, des ruelles, des escaliers, des chaussures oubliées. Je flâne le nez en l’air, à la recherche du ciel bleu.

« On ne croise que des petits vieux, compacts et ramassés face au vent frais qui s’amuse dans les ruelles tordues. »

Les immeubles aux fenêtres étroites ont souvent les volets clos et des ajouts dans tous les sens, comme s’ils avaient évolué au rythme de la famille qui s’agrandit. Des fleurs ornent avec modestie le pied des maisons austères et des plantes aux formes et aux noms inconnus s’échappent des murs de granit. On ne croise que des petits vieux, compacts et ramassés face au vent frais qui s’amuse dans les ruelles tordues. Entre le désordre de branches sèches, j’aperçois au fond d’une petite cour un oranger déployer ses fruits ronds comme une guirlande de Noël. Bien à l’abri derrière ses murailles, Sartène cache ses petits trésors.

C’est le jour du marché sur la place Porta qui déploie ses palmiers et ses grands ormes devant l‘église Santa-Maria-Assunta et ses vieux cafés de la Victoire et du Bien Assis. Trois petits stands solitaires vendent des légumes d’hiver, du jambon et du fromage. Nous avons décidé de ne pas utiliser le frigo de notre van pour réduire notre consommation d’énergie, alors Guillaume jette son dévolu sur un petit fromage de brebis à la myrte qui ne devrait pas faire long feu.
Première intrusion dans la gastronomie corse.

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Randonnée sur le littoral de Campomoro

Je pose mes pieds sur le sable jaune de la plage de Campomoro. A ma droite, la pointe verte et sauvage de la Punta Di l’Uomo. A ma gauche, le petit port de pêche, son ponton tout droit dans la mer, son pêcheur comme une statue et ses bateaux bercés par le roulis méditerranéen. Tout autour, l’eau turquoise m’appelle de sa voix de sirène. Mais nous sommes fin mars et il me manque du courage et quelques degrés.

Nous avons décidé de mettre de côté le van et de parcourir à pied le littoral du sud-ouest. Assez vite, un sentier serpentant dans le maquis nous amène à la tour de la Punta di Campumoru, posée sur sa colline de granits noirs et blancs. C’est la plus grosse tour génoise de Corse, la seule avec un mur d’enceinte en étoile. Anciennes forteresses de défense, les tours génoises émaillent le littoral corse depuis plus de cinq siècles et offrent les plus beaux points de vue sur l’horizon. Celle de Campomoro fut bâtie en 1586 après l’attaque des Maures sur Sartène qui perdit plus de 400 habitants.

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Nous poursuivons sur les gros rochers du littoral sculptés par le vent qui aurait emprunté son coup de pinceau à Dali. Je m’amuse à regarder le monde à travers les taffoni, ces trous et alvéoles qu’on trouve dans les gros cailloux de Corse.

Au milieu de tout ce fatras de roches, mes pas chatouillent un tapis de pâquerettes qui s’est installé entre le maquis et la mer, autour d’un petit marais qui réfléchit toutes les couleurs du printemps.

Comme si je regardais les nuages, j’essaie de lire les formes dans les rochers découpés qui peuplent la cote. Ici un rocher coquille d’oeuf. Là un dragon. Plus loin une tortue à crête.
Et la mer aux mille nuances de bleu, sauvage et sereine à la fois.

A la plage de Senetosa, nous jetons un dernier regard aux sculptures de granit qui encadrent la crique aux eaux transparentes et prenons le maquis, ce monde impénétrable et secret qui couvre les collines de Corse.

 « Des battements d’ailes résonnent dans les profondeurs vertes mais c’est une vache qui traverse mon champ de vision »

La forêt enveloppée d’ombres et d’esprits crée une voute griffue qui se referme sur nos têtes. Des battements d’ailes résonnent dans les profondeurs vertes mais c’est une vache qui traverse mon champ de vision, suivant le bruit d’un ruisseau enfoui sous les herbes hautes. De temps en temps, le maquis s’ouvre et des marais sauvages et hirsutes apparaissent.

Le long des crêtes, les premières fleurs de la saison éclatent en tâches jaunes, blanches et violettes parmi les arbousiers, les genévriers et les chênes verts, tout contre la terre noire chauffée par les derniers rayons de la journée. Je m’arrête tous les 10 mètres pour contempler le golfe de Valinco et les montagnes de l’Alta Rocca.

Nous avons rejoint Campomoro et reprenons le van. Il n’y a pas de temps pour les plaines en Corse, nous passons du littoral escarpé aux collines tapissées de maquis en un virage. Alors que nous roulons tout droit vers l’est, un coucher de soleil incendiaire s’empare des baies de la côte ouest, comme un signe d’au-revoir. Tant pis pour la plage de Roccapina et son rocher lion, mais le noir est en train d’avaler tout le paysage et nous ne pouvons pas tout faire. Demain nous partons à l’assaut des murailles blanches de celle que l’on surnomme la « cité des falaises », demain nous attend Bonifacio.♦︎

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