Baptême de la foule à Calcutta

Après avoir changé nos derniers yuans car aucun distributeur de l’aéroport ne fonctionne, nous prenons un taxi prépayé pour nous rendre à notre hôtel à Calcutta, le Sunflower. La voiture semble dater des années cinquante et l’état de la route n’est guère meilleur. Nous croisons rapidement notre première vache sacrée puis, à l’approche du centre ville, un troupeau de chèvres nous barrant la rue. Arrivé à l’hôtel, tout le monde dort et le chauffeur de taxi doit réveiller le veilleur de nuit. La réception est au dernier étage et on y accède par un ascenseur manœuvré à la main. À chaque étage se trouvent au moins deux “boys” pour s’occuper des clients (dont servir le petit déjeuner). Ils dorment dans les couloirs devant les chambres, sur des paillasses étalées sur des tables.

Le Sunflower est un ancien immeuble de style colonial avec un escalier monumental occupant tout l’atrium qui sert de hall d’entrée. Il y règne le souvenir de l’Inde coloniale, le charme désuet de la grandeur d’autrefois laissée à l’abandon, une impression que nous ressentons aussi dans le reste de la ville.

Contrairement à se que l’on s’imaginait, Calcutta n’est pas aussi miséreuse qu’on le pense. C’est la capitale culturelle du pays et dans le quartier de notre hôtel, on trouve des librairies, de nombreux cafés et restaurants et un immense parc où les habitants viennent jouer au cricket le dimanche. Tout cela s’insère dans un joyeux mélange d’anciens immeubles coloniaux un peu décatis, de petites baraques et de constructions plus récentes, le tout dans un concert de klaxons assourdissant. Dans les rues, la foule et le trafic sont impressionnants. On croise une écrasante majorité d’hommes, l’air affairé. Beaucoup de commerces jalonnent les rues au rez-de-chaussé des immeubles mais s’étalent aussi sur les trottoirs ou directement dans la rue. Ici les habitants prennent complètement possession de ce qui chez nous est l’espace public. Nous voyons également des gens dormir dans la rue dans des cabanes, qui peuvent aussi leur servir de boutique de fortune.

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